Nicolas Dupont rentra du dîner dentreprise aux petites heures de laube. Sa femme, Isabelle, faisait semblant de dormir profondément. Il sallongea doucement à côté delle, glissa sous les draps et sendormit aussitôt.
Au petit matin, en se levant, Isabelle découvrit sur la chemise de Nicolas un trait de rouge à lèvres carmin. Au même instant, son téléphone vibra, affichant un SMS :
«Bonjour mon amour!»
Le cœur dIsabelle manqua un battement. Aucun de ses mariés navait jamais eu une telle surprise.
Ils vivaient depuis dix ans, heureux, avec leurs deux filles enchantées, Élodie, cinq ans, et Léontine, neuf ans, qui dormaient paisiblement dans leur petite chambre.
Isabelle sentit lenvie de le confronter, de le gronder, mais elle se retint.
Elle se rendit à la salle de bain, laissa couler les larmes, puis se redressa.
«Cest plus simple de se fâcher, pensaisje,» se dit-elle. «Pourtant, une dispute pourrait tout faire basculer. Sil partait, comment auraisje pu élever seule deux enfants?»
Après une douche revigorante, elle sécha ses cheveux au sèchecheveux, arrangea sa coiffure, puis se mit à préparer le petitdéjeuner. Nicolas se réveilla vers midi.
«Cest dur,» se lamentail.
«Veuxtu que je te fasse un café?» proposa Isabelle avec un sourire forcé.
Faire cet effort pour un simple sourire fut une lutte. Une fois le café servi, elle sadressa à lui :
«Nicolas, jespère que demain tu ne feras pas dheures supplémentaires. Jai une deuxième garde et il faut que je récupère Léontine à la crèche.»
«Bien sûr, bien sûr,» acquiesça-t-il.
Isabelle travaillait comme coiffeuse dans un salon du centreville. Le lendemain, après sa seconde garde, elle rentra avec une boîte de chocolats fins.
«Ça te fait envie de sucreries?», demanda Nicolas.
«Un de mes clients ma offert, il vient toujours chez moi, ma fait ce cadeau.»
Nicolas, tournant la boîte entre ses mains, sexclama :
«Ces chocolats ne sont pas bon marché! Pourquoi les accepter?»
«Ce nest rien, Nicolas. Ce nest pas comme sil minvitait à un rendezvous.»
Sur ce, la conversation sinterrompit. Quelques jours plus tard, Isabelle revint du travail avec un bouquet de roses éclatantes.
«Cest encore ce même client?», lança Nicolas depuis le seuil.
«Nicolas,» linterrompit-elle, «hier soir tu es rentré tard, je ne tai pas demandé où tu étais ni avec qui. Et voilà un simple bouquet.»
Après avoir terminé sa deuxième garde, Isabelle sortit du salon et, en sortant, croisa son mari dans le hall.
«Nicolas, tu as laissé les filles seules?» sinquiétaelle.
«Pas du tout, je les ai bordées. Jai pensé te retrouver en voiture.»
«Cest à cinq minutes à pied,» tentaelle de protester.
Une fois de retour à la maison, Nicolas se tourna vers sa femme :
«Isabelle, puisje toujours taccueillir après ma seconde garde?»
«Questce que ça veut dire? Tu me jaloues?»
«Oui, je suis jaloux,» avoua-til. «Les hommes noffrent pas ce genre de présents à la légère.»
«Daccord, alors,» concéda Isabelle, un sourire naissant. «Japprécie vraiment ton attention. Pour être honnête, je te jalouse aussi quand tu rentres tard. Soudain, il y a quelquun dautre.»
«Tu verras,» rétorqua Nicolas, «je nai besoin de personne dautre que toi. Les problèmes au travail sont finis, on a installé de nouveaux logiciels, maintenant tout se fait dans les heures ouvrées, plus dheures supplémentaires.»
Peu à peu, la confiance revint dans le couple. Pourtant, de temps à autre, en rentrant du salon, Isabelle posait sur la table une nouvelle boîte de chocolats onéreux. Quand Nicolas la regardait dun air réprobateur, elle, en souriant, répondait :
«Ce sont mes clientes qui me les offrent du fond du cœur, je ne peux pas les refuser.»
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