Le cœur du chat battait faiblement dans sa poitrine, ses pensées s’éparpillaient, son âme souffrait. Que pouvait‑il arriver pour que la maîtresse le confie à des inconnus, pourquoi l’a‑t‑elle abandonné ?

Alors, tu vas pas le croire: le jour où Claudine a reçu un chat British Shorthair tout noir comme une nuit sans lune, elle est restée bouche bée pendant quelques minutes

Son petit studio dune pièce, tout simplement quelle a mis des mois à mettre de côté, nest même pas encore meublé. Et puis, y a dautres choses qui réclament son attention.

Et voilà le chaton. Après le choc, elle regarde les yeux couleur ambre du minou, souffle, sourit et lance à la personne qui lui a fait ce cadeau :

Cest un chat ou une chatte?

Un chat!

Daccord, tu vas sappeler Balthazar, répond le bébé félin, en ouvrant la petite bouche pour faire un discret « Miaou ».

On découvre rapidement que ces British Shorthairs sont des créatures hyper douces. Ça fait maintenant trois ans que Claudine et Balthazar vivent comme le beurre sur le pain. En plus, le petit bout a un cœur dor et une âme sensible.

Il accueille sa maîtresse en rentrant du boulot, la réchauffe dans ses rêves, regarde des films blottis contre elle, et même agite la queue quand il aide à faire le ménage.

La vie avec un chat prend des couleurs vives. Cest chouette davoir quelquun qui tattend à la porte, avec qui tu peux rire ou pleurer. Et surtout, il te comprend dun simple regard.

On pourrait se dire «profite et sois heureuse», mais

Ces derniers temps, Claudine sentait une douleur dans le côté droit. Au début, elle pensait que cétait juste un mauvais mouvement ou un excès de gras. Quand la douleur a empiré, elle est allée chez le médecin.

Quand le docteur a annoncé le diagnostic et ce qui lattendait, Claudine a fondu en larmes toute la soirée, planquée sous son oreiller. Balthazar, sentant son malaise, sest doucement blotti contre elle, essayant de la consoler avec ses ronronnements mélodieux.

Sous les ronrons, Claudine sest endormie. Le matin, résignée, elle a décidé de ne rien dire à sa famille pour éviter les regards compatissants et les propositions daide qui lembêtaient.

Elle gardait quand même une petite lueur despoir que les médecins pourraient maîtriser son problème. On lui a proposé un cursus de traitement qui pouvait améliorer son état.

Il a fallu décider où placer le chat. Au fond delle, en acceptant que son mal pourrait finir tragiquement, elle a choisi de chercher un nouveau foyer pour Balthazar, à de bons maîtres.

Elle a posté une petite annonce en ligne, précisant quelle donnait un chat de race à des personnes responsables.

Le premier appelur a demandé pourquoi elle se séparait dun animal adulte. Claudine, sans vraiment comprendre, a expliqué quelle avait développé une allergie aux poils de chat pendant sa grossesse.

Trois jours plus tard, Balthazar, dans sa caisse de transport et avec tous ses effets, partait vers de nouveaux maîtres, tandis que Claudine était admise à lhôpital

Deux jours après, elle a rappelé les nouveaux propriétaires pour prendre des nouvelles du petit, et on lui a répété, mille fois désolé, que le chat sétait enfui le soir même et quils ne le retrouvaient pas.

Son premier réflexe a été de fuir lhôpital pour aller le chercher. Elle a même supplié linfirmière de la laisser sortir, mais la dame la réprimandée et lui a ordonné de retourner dans sa chambre.

La voisine de salle, en voyant la jeune femme bousculée, a demandé ce qui se passait. Claudine, en sanglots, a tout raconté.

Attends, ma petite! a dit la vieille dame frêle demain viendra un spécialiste de Lyon. Jai moi aussi un mauvais diagnostic ; mon fils, qui est homme daffaires, voulait me transférer dans une autre clinique, mais jai refusé. Je vais demander à ce spécialiste de te voir, ça ne sera peutêtre pas si terrible.

Merci, madame a murmuré Claudine, touchée.

***

En sortant de sa caisse, Balthazar a compris quil était dans une maison inconnue. Un inconnu a tendu la main pour le caresser

Le stress a pris le dessus, il a donné un petit coup de patte et sest jeté dans un coin sombre.

Paul, ne le touche pas encore, laissele shabituer, a entendu Balthazar une voix féminine douce, mais ce nétait pas celle de Claudine.

Son cœur battait à tout rompre, il se sentait perdu. Pourquoi la maîtresse lavaitelle abandonné? Pourquoi lavoir confié à des inconnus?

Ses yeux ambre scrutaient la pièce, puis il a repéré une fenêtre entrouverte. Dun bond, il a traversé la pièce et a sauté à lextérieur!

Heureusement, ce nétait que le deuxième étage, et sous la fenêtre sétendait une pelouse bien entretenue. De là, il a commencé le chemin du retour

***

Le «spécialiste» sest présenté comme Madame Louise, une femme dune cinquantaine dannées, charmante. Elle a étudié le dossier de traitement, a fait allonger Claudine sur le canapé, la fait se tourner du côté gauche.

Elle a longuement palpé, pointé les zones douloureuses, demandé où ça faisait mal, relu le dossier, puis a répété des manipulations sur un appareil médical.

Claudine nattendait rien de bon. De retour dans la chambre, elle a trouvé sa voisine de lit déjà installée.

Alors, questce quon ta dit, ma petite? a demandé la voisine.

Rien pour linstant, ils vont revenir dans la chambre, a répondu Claudine.

Je vois. Moi, jai eu de la malchance, a confirmé lautre, confirmant le diagnostic, a ajouté la femme, lair triste.

Je suis vraiment désolée, merci pour tout, a répondu Claudine, ne sachant comment réconforter celle qui savait que le temps leur était compté.

Une demiheure plus tard, Madame Louise est revenue, accompagnée dautres médecins.

Bonne nouvelle, Claudine! Votre affection se soigne très bien. Jai prescrit un traitement de deux semaines, vous allez vous rétablir, assurevous de suivre, a-t-elle souri.

Quand les médecins sont partis, la voisine a repris :

Voilà qui est merveilleux. Je suis contente davoir pu faire une bonne action avant de partir. Sois heureuse, ma petite, atelle ajouté.

***

Balthazar navait aucune étoile guide, il ne savait même pas quil en existait. Il a juste suivi son instinct félin pour rentrer chez lui. Le chemin, semé dobstacles, était rempli daventures à la fois dangereuses et cocasses.

Jamais habitué aux rues, le noble British Shorthair sest transformé en un chasseur audacieux, affûtant ses instincts à chaque instant.

En évitant les avenues bruyantes, il courait, glissait, volait presque au-dessus du sol (du moins dans sa tête quand il fuyait les chiens), puis bondissait sur un arbre, toujours vers son but

Dans une petite cour tranquille, au bruit dune route voisine, il a croisé un chat de gouttière expérimenté.

Ce dernier, sans perdre une seconde, a reconnu le visiteur et a lâché un miaulement strident. Le combat na pas duré longtemps. Le chef local sest planqué dans les buissons, laissant derrière lui une oreille légèrement déchirée.

Ça, cétait juste de légo, le chat de gouttière voulait prouver quil régnait. Balthazar, lui, continuait son chemin, rien ne pouvait larrêter.

En repensant à ses ancêtres, il a appris à dormir dans les arbres, choisissant les branches les plus confortables.

Bon sang, il a même fini par fouiller les poubelles et voler la nourriture à dautres chats de la cour, nourris par les habitants compatissants.

Un jour, il a été acculé par une bande de toutous. Ils lont poussé sur un petit tronc, aboyant, essayant de lattraper.

Des passants sont intervenus, les ont fait fuir, et une femme a décidé de ladopter. Elle la attiré avec un morceau de saucisson.

Affamé et terrifié, Balthazar sest approché, sest laissé caresser, et a même sauté dans ses bras. Mais

Après sêtre installé confortablement, il a soudain repensé à son chemin, a sauté hors de la main de la femme, a glissé dans lentrée dun immeuble dont la porte venait de souvrir, et a repris la route du retour

***

Sortie de lhôpital, Claudine est rentrée chez elle, les mots de Madame Louise résonnant dans sa tête : «sois heureuse». Elle était aux anges dapprendre que le diagnostic était faux et quelle était en bonne santé.

Mais son cœur pleurait Balthazar. Elle ne pouvait plus imaginer arriver dans son appartement vide sans quun petit compagnon laccueille.

À peine franchi le seuil, elle a appelé ceux qui avaient récupéré Balthazar pour connaître son adresse exacte. En les rencontrant, elle a compris comment le chat sétait échappé et a décidé de suivre ses traces.

On lui a dit que cétait impossible, que deux semaines sétaient écoulées, que difficilement un chat domestique survivait dehors, mais elle na pas voulu y croire.

Claudine a marché à pied, fouillant chaque cour, chaque square, chaque garage. Elle appelait Balthazar, scrutant les fenêtres des soussols sombres.

En approchant dune maison, elle a senti que le chat avait disparu. Mais elle na pas abandonné, même si le trajet était long, deux heures de marche à toutheure.

Dans son propre jardin, le désespoir la prenait : les larmes montaient, la peine était lourde. Soudain, au loin, sur le trottoir, un petit chat noir avançait vers elle.

«Un chat noir», a traversé son esprit. Elle sest arrêtée, le regard fixé, et a crié «Balthazar!»

Le chat na pas couru, il était trop épuisé. Il sest assis, plissant les yeux de bonheur, et a laissé échapper un doux «Je suis là».

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News 24 Justall
Le cœur du chat battait faiblement dans sa poitrine, ses pensées s’éparpillaient, son âme souffrait. Que pouvait‑il arriver pour que la maîtresse le confie à des inconnus, pourquoi l’a‑t‑elle abandonné ?